« Mes parents sont morts. Mes parents sont morts... » Cette phrase passe et repasse en boucle dans ma tête depuis 3jours alors qu'un vieil homme en noir me parle. Enfin il parle dans le vide parce qu'apparemment il ne se rend pas compte que je n'écoute rien. Mon cerveau est embrumé. Je ne me rends plus compte de rien. Quelle jour est on ? Je n'en sais rien. Ce drôle de petit bonhomme continu de parler, je distingue les mots « testament », « maison »... soudain il me tendit un papier et me montre le bas en me tendant un stylo.
Je pense qu'il faut signer, je le fais. Il se lève, me tend sa main. Je la serre et il me raccompagne jusqu'à la porte. Il me tapote le bras en me présentant pour la dixième fois ses condoléance et me dit qu'il m'appellera pour fixer un autre rendez-vous pour la deuxième partie du testament et les dernière formalités. Je passe dans le couloir et la lourde porte se referme derrière moi. Je fais face a la rue, il fait beau ce jour la. Un groupe de petite filles jouent a la corde a sauté, un enfant tient la main de sa mère et la traîne vers le zoo, deux ados un peu plus jeune que moi se tiennent la main et se regarde amoureusement. Tant d'âmes inconscientes de tout ce qui se passe a coté d'eux. Je traverse le passage piéton et je remonte la rue. J'ai encore la tête dans le brouillard, des images de mes parents me reviennent, ils sourient. Je revois mon admission à Poudlard, qu'est ce qu'on avait fait la fête ce jour là ; je revois aussi nos vacances en France, le jour où je leur ai annoncé que j'étais préfète en chef de Gryffondor... Tous ses souvenirs sont si proches et si éloigné en même temps. Mais après leurs visages souriant je revois leurs cadavres, leurs visages ensanglantés, les mangemorts... STOP ! Je me suis juré de ne plus penser a ça. Les larmes me montent aux yeux. Non je ne craquerais pas, pas ici, pas maintenant. J'arrive devant chez moi, je cherche mes clefs dans mon sac. J'ouvre ma porte et je dépose ma besace sur une chaise. J'entre dans ma salle de bain, j'ouvre l'eau chaude et bientôt des petits nuages de vapeur s'élève de ma baignoire. Je me glisse dedans, c'est brûlant mais je m'en contrefous. Mes larmes se mêlent à l'eau. Dans ma tête ça s'éclaircie un peu. Ça doit maintenant faire bientôt une heure que je suis là-dedans. J'entends Pattenrond qui gratte à la porte. Il doit avoir faim. Je me lève, ma peau est rouge. J'enfile mon pyjama, il est seulement 15h mais je n'ai pas l'intention de sortir. J'entre dans la cuisine de mon 33 mètres carrés qui ma été généreusement offert par mon oncle, un des seul rescapés du massacre. J'ouvre le tiroir sous l'évier et j'en sors une boite de bouffe pour chat. Je l'ouvre et je déverse son contenu dans la gamelle de Pattenrond. Il se jette dessus. Je découvre une chouette blanche qui attend sagement sur un des accoudoirs des fauteuils dépareillés de mon modeste salon.
- Hedwige !? Qu'est ce que tu fais là ?
La concerné me tend sa patte et je peux voir qu'une lettre y est attaché. Je la prend et commence ma lecture.
Ma chère Hermione,
Ron et moi avons appris pour le décès de tes parents et nous te présentons toutes nos condoléances ainsi que le reste de la famille Weasley. Ce n'est peut-être pas le moment mais Bill et fleur fête leur mariage le 21 août et tu es bien entendu invité. Viens nous voir au terrier quelque temps. Tu nous manques.
Ginny et Molly t'embrassent.
Amitiés.
Harry
Je retourne le parchemin et je griffonne que je vais bien, que je serais ravi d'assister au mariage, que je ne suis pas sure de passé au terrier avant la rentrée et qu'il me manque aussi. Je tends la lettre à Hedwige et après que l'avoir caressé, elle s'envole par la fenêtre restée ouverte. Je suis claqué, je m'affale dans un fauteuil et je case mes genoux sous mon menton. Dans cette position de foetus je me sens bien. Ça fait trois jours que je me sens vide, je fais ce qu'on me dit de faire, je ne suis qu'un pauvre légume. Plus aucun sentiment ne m'habite, enfin si la tristesse et le vide. Puis ces cauchemars, j'en fais tellement que j'ai peur de m'endormir. A chaque fois c'est le même mauvais rêve et à la fin ces deux yeux gris aciers. Ils me hantent, je ne parviens pas à savoir à qui appartient ce regard. Je suis sure que c'est celui de mon « sauveur ». Je souris en pensant a ce mot mais c'est vrai c'est mon sauveur. C'est lui qui ma retrouvé à moitié inconsciente et qui m'a ramené a Poudlard pour que l'on me soigne. Il m'a sauvé. Dire qu'il y a trois jours j'étais heureuse... et maintenant la moitié de ma famille, dont mes parents, est morte, ma maison est détruite. De mes parents il ne me reste que cette lettre. Le professeur McGonagal me la donné alors que je sortais de l'infirmerie en me disant de l'ouvrir quand je serais prête. Mais prête a quoi ? Je n'en sais rien. Résultat : je ne l'ai toujours pas ouverte. J'ai peur de savoir ce qui il y a à l'intérieur. Je l'ouvrirai plus tard. Oui c'est ça, plus tard... Mes yeux paillonnent, qu'est ce que je suis fatiguée... et malgré moi je tombe dans un lourd sommeil.
Qu'est ce qu'il fait chaud aujourd'hui ! Ma mère qui me voie m'éventer du bout des doigts me propose un petit tour dans les bois, il doit faire sans doute moins chaud là-bas. Je m'en vais demander à ma cousine de m'accompagner mais je vois qu'elle est en prise avec mon voisin, un charmant jeune homme brun. J'adresse un petit signe à mes parents et quitte ce petit rassemblement familial. Mes tongs claquent sur le pavé, j'aime ce bruit. J'arrive à l'orée du petit bois et je m'aperçois que les rayons du soleil, en cette fin d'après-midi, filtrent a travers les feuilles en petits faisceaux dorés. Un papillon bleu virevolte près de mon épaule et le chant des oiseaux résonne joliment. J'avance doucement sur un petit sentier tapissé d'épines de pin en m'émerveillant silencieusement de la beauté qu'un petit bois peut si bien dissimulé. J'avance toujours jusqu'à percevoir une petite clairière, l'herbe est verte et grasse et c'est avec plaisir que je m'étends dessus. Tout en ce lieu respire calme et sérénité et c'est sur un dernier soupir de contentement que je m'endors... Je me réveille en sentant une goutte d'eau s'écraser sur mon épaule. Je jette un coup d'½il à ma montre et laisse échapper un juron. J'aurais du être rentré depuis plus d'une heure !! Tous les invités doivent être partis ! Je me relève précipitamment et je cours. Soudain, j'entends un cri, un cri qui reflète la peur et l'angoisse. Les gouttes de pluie tombent encore irrégulièrement sur les feuilles provoquant un bruit sourd. Je m'arrête brusquement, et écoute plus attentivement : un deuxième cri d'effroi retentit provoquant un frisson le long de ma colonne vertébrale. Je ferme les yeux très fort comme pour me persuader que tout cela n'est qu'un mauvais rêve. Un éclair zèbre le ciel et une pluie torrentielle se met à tomber. Je me mets à courir le plus vite possible sur le sol devenu boueux. Je m'arrête une seconde fois pour enlever mes tongs qui me gênent dans ma course. Je me remets à courir, les épines m'écorchant la plante des pieds et les branches basses me fouettant le visage. J'arrive a l'entré de mon village et cette vision m'atterre, les petites maisons en briques rouges sont en feu et en ruine. Les commerces ont reçu le même sort [NDA : oh le jeu de mot !! ^^], une drôle d'odeur vient me picoter les narines, c'est l'odeur du sang, de la souffrance, de la mort. Puis je les vois, vêtus de capes noires et de masques, les Mangemorts. Ils avancent en me tournant le dos et en jetant des sorts impardonnables a toute forme vivante qu'ils croisent. J'avance et je me cache derrière ce qui reste de ma boulangerie préférer. Je contourne les sbires du lord noir et me rend chez moi. Je m'entends crier les noms de me parents d'une voix désespérée où l'angoisse perle comme les gouttes de sang de mes genoux. J'arrive devant chez moi ou plutôt ce qu'il en reste. J'ouvre le petit portillon en fer forgé en essayant de me convaincre qu'ils sont là. J'avance à petits pas sur le sol dallé qui me mène jusqu'à la porte d'entrée. Je gravit les trois marches de mon perron et pose ma main tremblante sur la poignée. Je pousse la porte qui s'écroule à mes pieds. Je me mets à courir jusqu'au salon, dernière endroit ou j'ai vu mes parents. J'espère mais je sais, je sais ce que je vais trouver. Je m'approche. Et là je les vois. Je m'agenouille près du corps de ma mère. Mon père est à coté d'elle. Je caresse sa joue du bout de mes doigts et elle frémit doucement. Ses yeux s'ouvrent et je serre fort sa main. Quand elle me voit elle me sourit caresse ma joue de sa main et replace une mèche folle derrière mon oreille. Dans ses yeux je vois toute l'amour qu'elle me porte mais aussi de la douleur .Mon regard glisse vers mon père et je verse une larme. Ma mère serre encore plus fort ma main, hoche la tête en signe d'affirmation et je saisie tout de suite ce que ce geste signifie : Ton père t'aimait aussi fort que moi. Je lui souris tristement et elle me souffle :
- Je t'aime mon ange.
Ses yeux se ferment, se respiration se tarit. Elle est morte je le sais. Je me lève, les regarde une dernière fois essayant de me souvenir de chaque parcelle de leur visage et je cours. Je sors sous l'averse, les éclairs et le tonnerre. Je cours, trébuche et tombe ; tellement de fois que je ne compte même plus quand mes genoux et mes paumes heurtent durement le sol. J'ai la gorge en feu, la respiration saccadée et les yeux gonflés des larmes. Ces mêmes larmes qui ne veulent pas cesser de couler et qui me brouillent la vue. Je tombe encore et cette fois je n'ai pas la force de me relever. Avant de sombrer dans l'inconscience, juste avant, c'est eux que je vois. Ces deux yeux gris.
Je me réveille en sursaut et m'extrais de mon lit, il me faut de l'air. Je me faufile sur mon balcon. Les nuits sont fraîches mais je ne frissonne même pas lorsque le vent transperce la seule chemise de nuit que je porte. Des larmes coulent encore mais je m'en fous. Ce ne sont même plus à mes parents à qui je pense après avoir fait ce cauchemar, mais au regard gris. Mes parents je sais qu'il ne seront plus là mais ces yeux aciers restent une question sans réponse et moi, Hermione Granger, déteste ne pas avoir la réponse à une question. Et si je faisais mes valises maintenant ? Après tous le mariage est dans trois jours ! Je ne pense pas que ça dérangerait les Weasley si j'arrive demain. Ou peut-être aujourd'hui ? Je jette un coup d'½il, par la fenêtre, a la pendule suspendue sur le mur d'en face : 3h26. De toute façon je ne me rendormirai pas alors a quoi bon ! Je me dirige vers ma chambre, extrait ma valise de sous mon lit et commence a y plier quelques vêtements. Quand j'arrive a un jolie cache-c½ur bleu marine, brodé de petits motifs bleu clair sur le coté, un souvenir me revient. Celui de ma mère et moi allant faire les magasins. Elle voulait a tout prix me refaire ma garde-robe, ce que je n'avais pas compris au départ vu qu'elle n'était pas du genre a traîner dans les boutiques. Mais nous y avions quand même passé toute l'après-midi. Ma mère était quelqu'un de simple. Elle m'aimait comme j'étais et ne se souciait pas de savoir si j'avais une jolie coiffure, des vêtements a la mode ou pas. Ce n'était d'ailleurs pas son cas, vu qu'elle aimait bricoler, la peinture laissait parfois quelques zébrures colorées sur son visage, mais elle s'en fichait pas mal, elle sortait même comme ça. « Le ridicule ne tue pas ! »c'était ce qu'elle me répétait sans cesse. Je sourie tristement en repensant a elle et a son caractère bien trempé, elle disait que j'avais le même. Je refoule un sanglot. Il faut que je sois forte, pour moi et pour tout le monde.
Alors vos impressions ?
Je les attends pour savoir ce que je pourrais améliorer, changer, etc. Là notre p'tite Mione est un peu dans le brouillard (sous le choc) donc ma façon d'écrire est différente mais ça changera un peu, enfin je crois.. ^^ [c]
Mo'.